Vivin, présentateur de l'émission : "Est-ce que vous avez appris quelque chose Pierre" ?
Pierre Palmade, invité : "Oui, tous les mots" (avec un petit sourire modeste)
Cette interaction entre "Vinvin" et Pierre Palmade, humoriste français a eu lieu à la télé, sur France 5, à l'occasion de la diffusion en direct, d'une émission, vers 23 h 40, ayant pour thème "le web". L'interaction positionne bien l'émission : elle semble se donner pour mission, à travers le canevas des invités, le choix de dispositif (décors, échange de paroles, monstration sur des écrans présents sur le plateau de reportages, de morceaux d'autres médias, présence d'un public, présence de journalistes experts, etc) et l'intégration de pratiques de communication importées des marques dites de "réseaux sociaux", de dire ce que sont, justement, ces réseaux et ces nouvelles pratiques communicationnelles. Dire l'internet, les nouveaux "nouveaux médias", en faisant, presque pareil qu'eux et en les racontant et montrant...
Deux émissions récentes, l'une en télévision, l'autre en radio, tentent d'intégrer la présence des réseaux sociaux dans leurs "concepts". Les dispostifs scéniques et les interactions des émissions "des clics et des claques" et "le grand webze" ont pour "matière première" et pour motif de débat les thèmes débattus à la fois sur Twitter et sur Facebook (voir à ce sujet et sur le processus discursif inverse : "Parler de la télévision sur Twitter" publié dans la revue Communication et langages)
Ces deux émissions ont aussi mis en place des moments qui consistent à la fois à "raconter" ce que sont les réseaux et à les intégrer à leurs "scripts" et "déroulés". Il s'agit dans les deux cas à la fois de dire les évolutions des modèles de communication, d'en décrire les pratiques, les usages, les acteurs et de s'en "servir" afin éventuellement d'occuper la case programmatique de la "sociologie des médias" trivialisée, qui permet à chaque média, chaîne de se poser en tant que média au dessus des autres médias, en média commentateur et intégrateur des mutations techniques et éditoriales, très liées aux mutations des modèles économiques, toujours dépendants de la ressource publicitaire.
Paroles d'experts ou de citoyens, d'acteurs engagés, d'individus lambdas servent donc de "matière première" pour dessiner de nouvelles thématiques, techniques ou analyser des sujets d'actualité et/ou de sociétés à l'aune des "communautés" d'internautes réunis par leurs différentes affiliations à des marques présentes sur les réseaux, se donnant pour objectif d'établir des "profils" d'utilisateurs.
Si "dire" l'internet et le décrire, pour en faire le commentaire et les prescriptions d'usages n'est pas une tendance nouvelle des médias anciens pour dire les médias émergents (voir les émissions Médiasphère, Cactus Actus, Plein Ecran, etc...), il est intéressant de constater que ces deux derniers dipsositifs sont similaires en ce qu'ils tentent d'intégrer à une logique éditoriale de flux, une logique médiatique de "club", poursuivant ainsi une tendance observée dans les médias à s'aligner sur les mutations techniques pour asseoir leurs modèles discursifs.
Le Grand Webze ==> http://www.legrandwebze.com/
Des Clics et des Claques ==> http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Des-clics-et-des-claques/Sons/Des-clics-et-des-claques-22-08-11-681095/
[remarque : fin et/ou transformations des magazines de programmation médiatique ? Chaque chaîne décline ses programmes, les annonce, produit de l'information autour d'eux, en "starifie" les animateurs, qui s'impliquent à titre personnel à la fois dans la mise en circulation des contenus et dans les interactions avec les publics et les différentes audiences susceptibles d'intégrer les dispositifs mis en place. Que restera-t-il à ces médias du commentaire et de l'analyse critique... si les programmes sont déjà vendus par les programmateurs directement aux audiences, sur quels contrats de communication retenir les usagers des titres comme Télérama, TéléLoisirs, etc)...]
Revenons aux deux émissions :
Ce mélange évoqué plus haut des logiques socio-économiques est l'une des caractéristiques de ce que les acteurs annonciateurs des transformations futures des pratiques et des contenus nomment le "transmédiatique".
Chaque média aurait ainsi désormais à intégrer toutes les formes possibles de canal en une seule marque, à décliner en fonction des supports, des usages, des consommations. L'information y serait captée une seule fois, elle aurait pour principale caractérique d'être fluide, sécable et "enrichie" par les éléments rajoutés et annotés par les récepteurs, également ainsi co-producteurs des contenus.
Le journaliste, dans le discours d'information médiatique, aurait donc un nouveau rôle à assurer, dans la gamme des gestes et postures décrites par P. Charaudeau : il serait ainsi tour à tour, ou bien tout cela en même temps "agrégateur", tout comme animateur, présentateur, questionneur, expert...
[Rappel : les différentes logiques : logique éditoriale, de flot, de club, de compteur, de courtage]
Voir les travaux de Pierre Moeglin portant sur les modèles éditoriaux dans l'édition éducative, ainsi que la description de la logique de club, par Ali Khardhouche (2003, sur le site de COMMposite, v2003.1 : La convergence entre les télécommunications mobiles et l'internet : vers une logique de club ?). Voir les travaux de P. Charaudeau, sur les modèles d'implication de la communication, dans son ouvrage Le discours d'information médiatique, paru dans la collection INA.
Quelles sont les modalités de l'intégration des réseaux, à la fois comme "source" (faire intervenir l'idée de réceptions à distance qui commentent le déroulement des émissions et qui agissent comme une seconde bande-son, un "feedback") et comme "ressource" (se nourrir des thématiques, des débats qui agitent les utilisateurs de Twitter, et éventuellement Facebook ou autre YouTube...) ?
Dans le cadre de deux cours de sociologie des médias (public de formation initialte et public de formation "inter-âge") j'aimerais ici lancer quelques pistes liées au suivi de l'émission numéro du "grand webze", le vendredi 25 novembre 2001.
Ces quelques notes peuvent être lues après visionnage de l'émission, en rattrapage, sur le site de France Télévisions. Les lignes d'analyse peuvent être ensuite "appliquées", pour comparaison, et éventuelle constatation de variations, à l'émission au hashtag imposé, et donc institutionnalisé #dcdc (pour DesClicsetDesClaques).
Je ne me risque pas à me poser en "critique" ou "adepte" de ces deux concepts. Je tente d'en décrire les modalités de mise en situation et d'énonciation, à travers 5 remarques successives.
Première remarque : La logique de l'annonce, l'endossement du média par les animateurs et les "journalistes", à titre personnel
Les émissions sont "annoncées" en ce sens qu'avant même leur mise en audience (déroulé à l'antenne, en profération, pour le modèle "radio" ou en mise en caméra, pour le modèle télévsion), les différents protagonistes vont commencer à la dévoiler sur les réseaux : comme dans les blogs, la logique du "off", du "backstage" prévaut dans le récit de l'émission. Les réseaux servent alors à dire le contenu des interactions à venir, les postures que chacun compte adopter. C'est ce que certains appellent le "teasing" : dire, sans trop dire, attirer les différents publics, pour recoller avec la logique du "rendez-vous", liée au médiaplanning : rencontrer la "bonne audience" au bon moment n'est plus si simple dans une offre pléthorique. Jouer, attirer, dévoiler, s'impliquer : telles sont les normes émergentes des métiers de l'animation et de la présentation journalistique.
Le présentateur Nikos, ancien journaliste et présentateur de télévision, est ainsi dans cette logique, à travers son utilisation quasi quotidienne de son compte Twitter. Entre volonté affichée de maîtriser au plus près son image et nécessité du métier, mêlée au désir de faire passer quelques messages engagés, cette activité semble constituer une part non négligeable des gestes nécessaires à la réalisation d'une mission professionnelle complexifiée : portée par la mention "officielle", cette activité de présence sur les réseaux pour lier "langue" avec les audiences de niche, maîtriser son identité, est hybride, jouant des registres professionnels et personnels, les tissant au fil du temps de la "timeline" et du profil "facebook". Il se produit comme une "externalisation" de la communication du média, reportée sur les épaules de ces différentes composantes.
La production de "contenus" de marques-médias commence par des prises de parole régulières des différentes "figures", composant ces médias : experts, consultants, publics, managers et aussi journalistes et animateurs. Toutes les organisations rencontrent cette nouvelle logique communicationnelle : être à la source des informations et contenus qui circuleront sur elle. Comme au Brésil, pour lequel l'histoire politique a conduit les organisations et les entreprise à être aussi, des "médias sources" à côté de leurs activités de production, médias des sources analysés par Chico Santanna, de l'université de commmunication de Brasilia.
Les sources d'information sont donc ici non seulement les "personnes" interrogées ou les documents explorés par les journalistes, mais aussi la structure médiatique elle-même, qui a un intérêt à faire parler d'elle, à faire parler autour de ses programmes, pour se valoriser et valoriser les informations, programmes et contenus qu'elle publie (voir les travaux de P. Schlesinger : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/reso_0751-7971_1992_num_10_51_1926 portant sur les stratégies de la source d'information)
Les journalistes sont à la fois mis en exergue, mais repositionnés et institutionnalisés. Cette posture est celle du "chroniqueur", à la fois indépendant mais aussi relié à des collectifs rédactionnels, de manière ponctuelle et selon une temporalité limitée à celle du temps de l'existence d'un programme défini.
Deuxième remarque : La logique des journalistes "exemplaires", à la recherche de la parole "originale"
Les émissions se sont constituées autour de quelques figures jugées comme ayant eu une pratique innovante des réseaux sociaux, et ayant installé une "notoriété" autour d'un nombre conséquent de "followers" ou "d'amis", ersatzs de niches d'audiences, ou de publics à ramener aux "médias plus anciens", puis à convertir en futures potentielles ressources pour convoquer des paroles, des témoignages originaux, non convenus, et sortant des sentiers battus des "bons clients" des médias.
Troisième remarque : de la polyphonie des animateurs et des témoins au silence studieux des journalistes de studio
Ces émissions sont nécessairement polyphoniques : elles réunissent autour d'un ou plusieurs animateurs "stars" des réseaux et de l'internet (ayant eu des intuitions originales, ayant su proposer des "morceaux sérialisés" d'information décalée) des paroles diverses, orchestrées autour de l'encastrement de dispositifs qui permettent de faire intervenir tour à tour des personnes en plateau, de montrer sur divers écrans les nouvelles pratiques et d'intégrer la logique d'un canal de feedback, auquel on accorde la valeur du temps réel, pour assurer la présence de "journalistes" en arrière-plan.
Ces derniers ont pour mission d'assurer le lien entre le dispositif du média traditionnel et les utilisateurs des médias nouveaux : utilisateurs des réseaux, "twittos" et "facebookiens". Ainsi, dans l'émission de vendredi soir, sur France 5, ce rôle a été dévolu à quatres utilisateurs réguliers de Twitter et par ailleurs présents dans d'autres médias et institutions, porteurs de ces nouvelles pratiques, comme notamment A. Baron (Le Nouvel Obs Plus) et A. Antheaume (Journaliste et chargée de produire des synthèses et des éléments de comparaison pour l'école de Journalisme de Sciences-Po, dirigée par B. Patino, par ailleurs également directeur des médias numériques pour le groupe France Télévisions) pour le Grand Webze, sur France 5.
Ce rôle passe par la mise en avant d'un terme désignant une pratique liée à Twitter : celle qui consiste à parler de la télévision, de ses émissions, en général, sur le dispositif, au moment où celles-ci sont diffusées. Les échanges se règlent autour du choix d'un mot marqueur, qui sert à réunir toutes les paroles tenues sur ces programmes : cette pratique est appelée "live-tweet", ou "tweet en direct". Cette logique de flux s'intercale donc au dispositif programmé et de stock qu'est par essence une émission. Si cette pratique est rapidement institutionnalisée par ces deux émissions, elle reste cependant confinée à une existence, sur le plateau télévisuel, à une présence en second plan.
Studieux, concentrés, assis, ces journalistes sont silencieux, ils sont des silhouettes, incarnant, de profils (Twitter et Facebook), le lien avec les audiences qui ne seraient pas directement nâtives du "média télévisuel", ils incarnent, en creux, la possibilité future d'une télévision connectée, dont le discours de révolution des médias semble faire le nouveau motif de changement radical.
A la radio, cette pratique est relayée par la parole des animateurs, à la télévision, elle est signifiée par la présence des "journalistes"-twitterers (ou twittos) qui auscultent les prises de paroles émises, y réagissent, racontent l'émission. Une autre personne incarne sur le plateau du Webze cette logique se situant entre feedback et fonction phatique : faire le lien, donner un retour, réagir sur ce qui est entrain d'être produit. Florence Porcel, également installée sur Twitter, joue ce rôle de "madame standard internet", incarnant sur le plateau "la demoiselle du téléphone" qui regroupe et filtre les réactions reçues, animées et portées par l'équipe des "life-twitterers".
Ainsi, Vinvin et François Rollin, jouant respectivement les rôles de journalistes animateurs et commentateurs, vont s'appuyer sur ce groupe de journalistes, sur leur relai central pour poursuivre leur conducteur, le ponctuer de contrepoints. S'agit-il d'une "participation", d'une "conversation" avec les audiences ? Les réponses à ces questions semblent, à l'analyse, plutôt négatives. Les dispositifs encastrés permettent cependant d'incarner une relation à des audiences connues pour leur capacité à rapidement s'éloigner d'un programme et également connues pour leur consommation média en "multi-tasking".
Florence Porcel animatrice de l'incarnation du lien avec les publics : "ils "disent" que..."
Quatrième remarque :
L'ensemble de ce dispositif est un premier niveau de récit des mutations des médias, doublé d'une mise en visibilité des contenus de l'internet. Comme dans un programme similaire d'Al Jazeera (AJStream), il s'agit de cumuler les écrans et de nourrir ces écrans de contenus venus de l'internet : des captures écrans de Facebook, de Twitter, de vidéos, de liens et de reportages sur des thématiques dans lesquelles la mobilisation des réseaux est importante.
Les caméras suivent les regards des deux journalistes orchestrateurs, entourés d'un public présent en plateau : ce public est composé d'utilisateurs de téléphones portables, qu'ils consultent, penchés sur... le "live-tweet" de l'émission, peut-être ? Le public signifié suit le public à distance qui commente ce qui se passe sur le plateau, situtation entropique s'il en est. Pour l'émission de radio, cette situation d'auto-observation n'est pas identique.
Cependant, bien que l'émission se passe en studio radio, elle est aussi filmée : ainsi, les journalistes qui racontent se doivent d'être aussi, bien qu'assis, en situation d'apparaître à l'écran des utilisateurs d'ordinateurs, soit en direct, soit pour la rediffusion, en série, de chaque émission : les logiques éditoriales (proférer une émission à thème, à un instant t, dans une grille de programmes) rejoignent les logiques de flot et de club. Il s'agit de "saturer" l'écran, de le "vignetter", comme le souligne le compte L'Humour de droite, à propos d'une émission autre, TéléFoot, qui n'a pas pour vocation à "parler" de l'internet mais qui emploie les mêmes logiques scéniques et de dispositif "transmédiatique", à l'exception du "live-tweet".
Saturation, vignettage : deux procédés des émissions qui "racontent" les médias émergents. Le reflet sémiotique de l'encastrement des différents modèles socio-économiques des médias "transmédiatiques" ?
Le compte sur un "client" Twitter : une application, pour suivre le "compte" officiel de l'émission qui pousse ici le regard des utilisateurs vers les journalistes relayeurs, "pairs" de pratique.
Quel rôle alors pour les invités sur le plateau ?
Cinquième remarque :les candides et les Voltaires affranchis, qui font lien avec les "innovateurs", une répartition tri-partite des rôles
Pour Pierre Palmade, la posture est assez claire, puisque il sera par lequel les questions pour comprendre ce qu'est "le webze" viendront. Il est le naïf, le candide qui s'étonne des moeurs, des us et coutumes, des mots de ce webze, étrange contrée d'individus connectés.
Vivin et F. Rollin lui permettent, en ayant choisi des invités et sélectionné des reportages, de comprendre et de réagir, de commenter, de critiquer. Ils sont donc des passeurs, des "médiateurs". L'émission est donc, au delà de son thème portant sur des "formes d'innovations médiatiques", classique : le journaliste donne un sens, explique, raconte et assure les liens entre les acteurs sociaux. Il est celui qui donne à voir des "petits mondes", ainsi que le souligne une personne, connectée à Twitter, le soir de l'émission : @cattleg réagit et tweete "les sujets dans cette émission #lgw sont traités avec un point de vue #gensduweb #journalistesweb et non par les médias traditionnels". Guy Birenbaum, David Abiker et deux jeunes femmes journalistes (Lise Pessac et deux fois sur quatre Agnès Léglise) jouent ce rôle pour l'émission Des clics et des claques, avec toujours cette logique en tension entre polyphonie en studio, soliloque sur le réseau. Voir à ce sujet la ligne de temps de Guy Birenbaum, qui ajuste cette double logique dans ce dispositif particulier : https://twitter.com/#!/guybirenbaum , double logique signalée également par Lise Pessac dans un tweet, à la lecture de ce même post :
Quatre compte Twitter, une émission de radio, un dispositif d'intégration, lui-même fragment d'une grille de programmation : la grille d'Europe 1. Dans ce cadre, une partie de la communication du média sur lui-même est donc reporté sur le profil des animateurs et intervenants de l'émission
Conclusion : les "innovateurs", des acteurs sociaux en réseau.
Si le message de l'utilisatrice dite "@cattleg" permet de mettre en exergue cette logique d'exposition de pratiques existantes dans une sphère médiatique émergente et concentratrice des autres pratiques médiatiques, il achoppe sur un point, celui des trajectoires des journalistes et experts "passeurs". Si ces derniers pratiquent effectivement les "réseaux sociaux" de l'internet, ils ont aussi des parcours et des trajectoires d'acteurs sociaux en réseaux (Voir les travaux de Vincent Lemieux, avec un ouvrage du même titre) traditionnelles des médias en général.
Leur mobilisation des outils de réseaux s'inscrit souvent dans une logique de construction d'une démarche professionnelle, qui désormais semble également passer par une logique de polyvalence, de valorisation de compétences de faire-savoir et de capacité à mobiliser les outils de la communication et du "management des contenus" (un blog, un cms, un site de microblogging, une marque de réseau social pour faire circuler et mettre en forme un article, une parole), un savoir-faire technique spécifique dans les métiers du journalisme en "réseaux". Ce savoir-faire est incorporé à la fois par les individus et les stratégies communicationnelles des médias et de leurs concepteurs.
Il permet aussi de répondre ponctuellement et partiellement à la question lancinate adressée à tout média : quelle est la "cible" ? Qui écoute, qui regarde et qui fait quelque chose avec le média ? Les journalistes sont alors le moyen d'apporter un filtre et une focale pour une visualisation possible d'une réception à l'oblique du média télévisuel et du média radiophonique. Les journalistes, au service du marketing des programmes et de la communication des médias sur eux-mêmes ?
Sont-ils alors, ces "journalistes" relayeurs, intégrateurs, encore en posture de filtres et surtout, porteurs d'innovations de formes et de points de vue ? On le constate, l'institutionnalisation des pratiques innovantes en matière de mobilisation des outils des marques dites de "réseau sociale" s'est produite en 2 à 3 ans, entre le moment de la "découverte" des possibles (notamment avec les "émeutes" couvertes depuis l'Iran, par le relai des tweets et des messages sur place) et les "chartes maisons" des médias, pour encadrer les pratiques remontées des expériences de terrain.
Nul besoin de "laboratoires" des médias, le journalisme semble avant tout toujours être une pratique en invention permanente, en "astuces" par la mobilisation des outils techniques, au filtre des fondamentaux de la recherche d'une information utile à tous pour "lire" le monde : la proposition d'un journalisme de géolocalisation proposée ici semble être révélatrice de cette vigilance et de cette curiosité nécessaires aux métiers du journalisme, dans un cadre médiatique en mutation : voir le sujet proposé par T. Mendès-France sur ce thème : http://tristao.me/blog-geolocalisation-et-journalisme